Les Abbruzes, terre de transhumance! - 8 octobre

Ce matin, il pleut assez fort et le brouillard s'est installé sur la vallon de Giaio Vecchio.
Je prends donc le temps de mettre mes notes sur la transhumance au propre.
Mercredi nous avons en effet visité le petit musée de la transhumance de Villeta Barrea en compagnie de Sophie qui est guide dans le parc national et de Maria Pia. 
SOPHIE
MARIA PIA
Maria Pia est issue d'une famille d'éleveurs qui ont eu jusqu'à 6000 brebis. Aujourd'hui, leurs troupeaux représentent 1000 bêtes. Ils fabriquent du peccorino et avec le petit lait, de la ricotta.
La tradition du pastoralisme et  surtout de la transhumance remonte à l'époque romaine. Plusieurs routes ou drailles partaient des Abruzzes (depuis l'Aquila ou Pescasseroli par exemple). Et plusieurs centaines de milliers de brebis étaient conduites vers les Pouilles par les bergers, pour l'hiver. Cette transhumance a fait la richesse des Abruzzes. C'est grâce aux brebis que les villages se sont constitués mais aussi grâce au travail des femmes qui devaient assurer la subsistance familiale pendant que les hommes étaient dans les Pouilles ou aux paturages.
Trajets des drailles vers les Pouilles. Ces drailles pouvaient faire 100 m de large afin de permettre le passage d'immenses groupes de troupeaux.

Cette tradition a commencé à s'éteindre suite à l'arrivée des français de l'empire napoléonien en 1806( Napoléon étant devenu roi de Naples).  Les français se considèrant plus rationnels et modernes (😀) ont invité les gens des Abruzzes à s'engager dans d'agriculture (en incitant à  la propriété) pour sortir les Pouilles de leur archaïsme et leur pauvreté. Ainsi, progressivement le pastoralisme a diminué jusque dans les années 60 où la tradition de transhumance s'est arrêtée. Il existe encore des troupeaux mais qui aujourd'hui se déplacent en camions vers les Pouilles (après avoir emprunté le train quelques années auparavant) quand l'éleveur possède des terrains là-bas. Certains restent dans les vallées des Abruzzes grâce à des bergeries aménagées.
Ainsi, c'est la modernité qui a fait disparaître nombre de brebis pour ne laisser aujourd'hui que quelques troupeaux. Ce n'est pas le loup qui en est responsable.
Nous trouvons aussi des vaches et chevaux désormais auxquels les loups ne s'attaquent pas.

Autre curiosité du musée :
Dessin de la monnaie des peuples unis contre Rome où l'on voit le taureau (symbole des peuples locaux autour des Abruzzes) dominer le loup (animal de Rome depuis Remus et Romulus) avec en dessous, le nom Italia, nom que s'étaient donnés les peuples unis contre Rome. 


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